À la ligne, Joseph Ponthus

Couverture du premier roman A la ligne. On voit les membres de l'homme découpées
À la ligne, Joseph Ponthus

FINALISTE 2019

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

À la ligne, Joseph Ponthus, Éditions de La table ronde, 2018

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  1. A la ligne est un récit qui se lit à plusieurs niveaux. Il y a la chronique sociale, autobiographique semble-t-il, de cet ancien travailleur social qui découvre la dure réalité des usines dans l’industrie agro-alimentaire. Mais il y a aussi le jeu avec la langue, avec les mots, avec la ponctuation, qui anime chaque page du livre, jusqu’à se retrouver dans le titre de l’ouvrage (cherchez, il y a au moins un triple sens dans « A la ligne »). Enfin, on y trouve de fréquents allers-retours avec la littérature, les maîtres que Joseph Ponthus convoque ici ou là pour nous aider à relativiser, ou à accepter, la dureté du quotidien. Un premier roman remarquablement maîtrisé !

  2. Wahou, quel livre ! Une écriture en vers libres, un personnage attachant qui ne verse pas dans le mélo, des passages drôles. Tout ça pour aborder la condition ouvrière de nos jours. Un vrai coup de cœur !

  3. Guillemette
    a posté

    Un coup de cœur ! De la magnifique forme du récit qui m’a fait lire au rythme des machines, des trois huit et du labeur harassant, à l’histoire qui m’a emportée dans le quotidien d’un homme qui résiste pour travailler dans un univers absurde et difficile avec les armes de la littérature, des chansons et de l’humour.
    Une très belle réussite d’écriture qui m’a émue.

  4. Un livre coup de poing et magnifique. Un vrai coup de cœur ! Il fera partie sans aucun doute de mes finalistes.

  5. Récit autobiographique qui, comme une chronique, nous raconte le travail à la chaine à l’usine. L’écriture est rythmée telle la cadence des chaines de production avec au fil des lignes, émotion, humour et poésie au rendez-vous. Vraiment pas mal !

  6. Marie-Séverine
    a posté

    Belle surprise offerte par le PMG !
    Ce livre m’a totalement bouleversé tant par son style, atypique, que par son sujet très social.
    L’auteur, au travers d’un texte sans ponctuation, bâti comme un poème, décrit les dures conditions de travail à l’usine. Obligé d’accepter une travail « alimentaire », il est trimballé d’usines de conditionnement de crustacés à des abattoirs.
    L’écriture est alors un exutoire, elle permet de supporter les douleurs physiques et lui évite de sombrer dans la dépression.
    Ce roman est juste magnifique !

  7. Ou… comment les mots, la littérature, les chansons, aident à supporter l’insupportable, à dénoncer l’inhumain du travail en usine, à dire la douleur, les souffrances, mais aussi l’humour, l’ironie, l’émotion, ou l’amour.
    Le texte se fait poème, fort, émouvant, incisif, et se déroule à la ligne, sans point, en courts chapitres (dont seul le numéro est, lui, suivi d’un point), avec des ruptures de phrases, des rythmes brefs ou longs, parfois haletants, telle une respiration d’effort, et des répétitions, telles ces cadences qu’impose « la ligne » (nouvelle appellation, euphémistique, de « la chaîne ») à l’ouvrier soumis au temps de la production et de l’efficacité, réduit par les machines.
    Joseph Ponthus réussit là un texte coup-de-poing, impressionnant de force et de synthèse, dénonçant l’esclavage moderne, le profit et la mondialisation, dût-il en coûter le doigt de l’un, la santé de la plupart, dans une vie qui n’a plus le temps ni la santé d’en être une. En fin de semaine, on est atteint de « vendredite », en se demandant comment passer un bon week-end après de telle journées.
    On est emporté par ce texte qu’assurément on n’oubliera pas, jusqu’à ses derniers mots aux accents beckettiens : « Il y a qu’il n’y aura jamais / Même si je trouve un vrai travail / Si tant est que l’usine en soit un faux / Ce dont je doute / Il y a qu’il n’y aura jamais / De / Point final / A la ligne ».

  8. J’ai aimé que cet homme jeune (41 ans) n’ait pas dit du mal du travail qu’il a fait dans une usine de conserves de poissons et dans des abattoirs bretons. C’est un récit d’un homme que je trouve bien. Universitaire, il lâche tout pour suivre sa femme.
    La forme est intéressante. C’est écrit comme un poème : lignes courtes inégales sans ponctuation. Au début cela m’a gêné, puis j’ai apprécié. Mon mari a aimé (et il est difficile !), ma fille veut l’acheter car il lui a beaucoup plu, une amie de mon club de lecteurs a apprécié : « une pépite! ». Bref je l’ai fait lire autour de moi. À recommander.

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