Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine

Rhapsodie des oubliés, Sofia Aounine

Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe. C’est l’âge des possibles : la sève coule, le cœur est plein de ronces, l’amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. À la manière d’un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.
Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d’un quartier et l’odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l’amour et l’enfance ne sont jamais loin.
Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.

Rhapsodie des oubliés est publié aux éditions de La Martinière

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  1. Très bien écrit, j’ai adoré ce livre que j’ai lu d’une traite.

  2. Marie-Séverine DUBREUIL
    a posté

    Je me suis « régalée » avec ce livre ! Découvrir le quartier de la Goutte d’or, sa délinquance, ses trafics de drogue, sa montée du sectarisme, grâce au regard affûté d’un adolescent de 13 ans était une gageure. Sofia Aouine a relevé ce défi avec brio sans tomber dans des clichés faciles. Elle donne une grande place au rôle salvateur des femmes de tous âges et de toutes origines, laissant entrevoir une lueur d’espoir dans ce monde très rude.
    La langue, quoique familière, argotique et parfois crue sert merveilleusement ce très beau récit.
    Voici un premier roman à recommander !

  3. Un vrai 1er roman, plein de références et citations. Lu en 2 jours. Un ado libanais à Barbès. Incroyable qu’une jeune femme sache si bien écrire à la place d’un garçon de 14 ans. Tristesse, misère, réalisme, fatalité. Malgré tout, amour de la vie, amour des autres, de la fille voilée d’en face à la jeune femme africaine prostituée abusée, en passant par la psy aux gros pieds bleus et par la vieille voisine érudite qui finira Alzheimer. Des personnages atypiques et attachants. Beaucoup d’émotion.
    Bravo Sofia Aouine ! Félicitations.
    PS J’ai dû me documenter car le vocabulaire (parfois traduit ) a évolué …
    Pas étonnant que Sofia ait eu le Prix de Flore !

  4. Martine
    a posté

    Sofia Aouine a incontestablement du talent. Elle dépeint avec verve, dans une langue riche et colorée, le quartier cosmopolite de la Goutte d’or. Sa « Rhapsodie des oubliés » met en scène Abad, adolescent mal dans sa peau émigré du Liban qui traîne solitude, mal-être et violence rentrée auprès de ses copains d’école, de son amie africaine Gervaise que la famille a forcée à venir se prostituer à Paris, de la psy (la « dame d’ouvrir dedans ») qui l’écoute chaque semaine et d’Odette, vieille dame voisine de palier qui lui apporte son affection et l’initie à la culture. Multipliant les conneries, Abad se retrouve placé dans une famille picarde d’où il veut d’abord s’enfuir. Mais son cœur fond pour une toute jeune fille et il choisit de rester — un séjour qui lui apportera la stabilité dont il avait besoin pour devenir adulte. En dépit de ses qualités littéraires, de sa connaissance des mœurs violentes et colorées du quartier et de sa faculté à entrer dans la peau d’un garçon de treize ans, l’auteure n’a pas réussi à m’emporter. Je suis restée assez indifférente au sort d’Abad, qui est décrit de façon un peu « clinique » et dont on ne perce pas l’âme. Et pourtant, sa façon de s’exprimer et de ressentir sonne plutôt vrai, au point que je n’ai souvent pas compris des passages entiers, ne maîtrisant pas le vocabulaire de Barbès… Sans doute, en lui donnant davantage de chair, en fouillant plus, Sofia Aouine aurait pu écrire un livre beaucoup plus fort et poignant : mais c’est un premier roman, avec ses imperfections. Le second sera sûrement un grand roman.

  5. Guillemette Galland
    a posté

    Une belle idée de donner la parole aux oubliés de cette rue de Paris. J’ai senti une vraie implication dans le sujet, un vrai travail de recherche ou de documentation. Mais les personnages restent un peu des archétypes, pour moi : le jeune libanais qui a fuit la guerre, la pute camerounaise, les dealers, les musulmans qui « s’intégristent » peu à peu… Même si j’ai lu ce livre avec plaisir, je ne me suis jamais départie de l’impression d’un beau reportage plutôt que d’entrer vraiment dans une histoire, d’être dans la chair et de pouvoir m’identifier et me raconter « mon » histoire. Et le style, pour moi un peu facile, de reprendre la parole de la rue ne m’y a pas aidé au contraire. Comme s’il me manquait le point de vue de l’écrivain

  6. Un beau roman, très touchant. J’ai pris plaisir à découvrir tous les personnages et à entrer dans leur vie. Ce livre permet de voir Paris un peu autrement.

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