Les méduses n’ont pas d’oreilles, Adèle Rosenfeld

Les méduses n’ont pas d’oreilles est publié chez Grasset

Quelques sons parviennent encore à l’oreille droite de Louise, mais plus rien à gauche. Celle qui s’est construite depuis son enfance sur un entre-deux – ni totalement entendante, ni totalement sourde – voit son audition baisser drastiquement lors de son dernier examen chez l’ORL. Face à cette perte inéluctable, son médecin lui propose un implant cochléaire. Un implant cornélien, car l’intervention est irréversible et lourde de conséquences pour l’ouïe de la jeune femme. Elle perdrait sa faible audition naturelle au profit d’une audition synthétique, et avec elle son rapport au monde si singulier, plein d’images et d’ombres poétiques.
Jusqu’à présent, Louise a toujours eu besoin des lèvres des autres pour entendre. C’est grâce à la lumière qu’elle peut comprendre les mots qu’elle enfile ensuite, tels des perles de son, pour reconstituer les conversations. Mais parfois le fil lâche et surgissent alors des malentendus, des visions loufoques qui s’infiltrent dans son esprit et s’incarnent en de fabuleux personnages : un soldat de la Première Guerre mondiale, un chien nommé Cirrus ou encore une botaniste fantasque qui l’accompagnent pendant ces longs mois de réflexion, de doute, au cours desquels elle tente de préserver son univers grâce à un herbier sonore. Un univers onirique qui se heurte constamment aux grands changements de la vie de Louise – les émois d’un début de relation amoureuse, un premier emploi à la mairie, une amitié qui se délite. Le temps presse et la jeune femme doit annoncer sa décision…

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  1. L’exercice est impressionnant : faire ressentir grâce à l’écriture les sons et les vibrations ressentis par une jeune femme sourde, à la veille de recevoir un implant auditif. Contrainte de lire sur les lèvres, elle doit la plupart du temps deviner péniblement ce qui se dit. Cet aspect du roman est très réussi. Adèle Rosenfeld multiplie les comparaisons, le vocabulaire et les images afin de traduire au mieux le climat sonore dans lequel baigne son personnage. Mais si j’ai trouvé le livre assez brillant, je suis pourtant restée hermétique au traitement du sujet. En ajoutant des personnages fictifs qui apparaissent au gré des situations, l’autrice a voulu donner un côté poétique à son roman, auquel je n’ai rien compris. Et j’aurais aimé une vraie histoire : le seul suspense de savoir si oui ou non l’héroïne déciderait de se faire poser un implant ne suffit pas à susciter l’intérêt du lecteur.

  2. Guillemette Galland
    says:

    J’ai d’abord été un peu perdue à la lecture mais les images étonnantes, la singularité du propos ont finis par m’emporter sur la route. J’ai aimé le lire et même si ce n’est pas un vrai coup de cœur, c’est un petit ovni intéressant qui a bien du mérite pour un premier roman.

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