
Dans ce village, c’est du corps des femmes qu’on tire l’argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son garçon à peine sevré, accueille chez elle une « petite de la ville ». Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné et, à ses côtés, un carnet qui raconte son histoire. Elle recueille ce nourrisson avec lequel elle tisse immédiatement un lien fusionnel. Quand la petite dont elle a la garde meurt, Sylvaine décide d’échanger les bébés. L’enfant mystérieuse se substitue à Gladie, l’enfant de la ville qui lui a été confiée…
Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d’une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraîne dans un univers où la nature et l’enchantement ne sont jamais loin et réinvente l’histoire de ces mères invisibles.
Nourrices est publié aux éditions Dalva
Cecile Gaubert
dit :Ce roman est un conte qui se déroule dans un pays et une époque inconnus, ce qui rend le récit universel. Le triptyque terre, mère, nature est bien trouvé et apporte un encrage bien venu dans ce monde irréel.
C’est un livre douloureux, qui allie vie, mort et filiation. Mais, il est aussi un cri d’espoir pour les femmes qui veulent prendre en main leur destinée, seule ou avec l’aide des autres.
Entrer dans ce roman n’a pas été évident, mais une fois les personnages installés, on les suit avec curiosité.
C’est un premier roman réussi.
Emmanuelle
dit :j’ai beaucoup aimé ce beau roman , que j’ai trouvé très touchant; bien construit et bien écrit. A partir d’une situation douloureuse (l’exploitation du corps des femmes autour de l’allaitement des petits-enfants) , l’héroïne développe une histoire d’amour entre elle et le bébé allaité, faisant montre d’une résilience qui me semble toute féminine. L’alternance entre l’histoire de Sylvaine et le récit lié à la naissance de Gladie dans le journal de sa mère soutient l’attention du lecteur. Bien que ce roman explore différentes violences faites aux femmes , probablement au XIXe siècle dans les campagnes, il ouvre des perspectives positives et les héroïnes, pourtant exploitées, ne sont pas présentées comme des victimes.
C’est une sorte d’ode aux femmes , instructive et positive .