Nourrices, Séverine Cressan

Dans ce village, c’est du corps des femmes qu’on tire l’argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son garçon à peine sevré, accueille chez elle une « petite de la ville ». Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné et, à ses côtés, un carnet qui raconte son histoire. Elle recueille ce nourrisson avec lequel elle tisse immédiatement un lien fusionnel. Quand la petite dont elle a la garde meurt, Sylvaine décide d’échanger les bébés. L’enfant mystérieuse se substitue à Gladie, l’enfant de la ville qui lui a été confiée…
Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d’une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraîne dans un univers où la nature et l’enchantement ne sont jamais loin et réinvente l’histoire de ces mères invisibles.

Nourrices est publié aux éditions Dalva

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  1. Cecile Gaubert
    dit :

    Ce roman est un conte qui se déroule dans un pays et une époque inconnus, ce qui rend le récit universel. Le triptyque terre, mère, nature est bien trouvé et apporte un encrage bien venu dans ce monde irréel.
    C’est un livre douloureux, qui allie vie, mort et filiation. Mais, il est aussi un cri d’espoir pour les femmes qui veulent prendre en main leur destinée, seule ou avec l’aide des autres.
    Entrer dans ce roman n’a pas été évident, mais une fois les personnages installés, on les suit avec curiosité.
    C’est un premier roman réussi.

  2. j’ai beaucoup aimé ce beau roman , que j’ai trouvé très touchant; bien construit et bien écrit. A partir d’une situation douloureuse (l’exploitation du corps des femmes autour de l’allaitement des petits-enfants) , l’héroïne développe une histoire d’amour entre elle et le bébé allaité, faisant montre d’une résilience qui me semble toute féminine. L’alternance entre l’histoire de Sylvaine et le récit lié à la naissance de Gladie dans le journal de sa mère soutient l’attention du lecteur. Bien que ce roman explore différentes violences faites aux femmes , probablement au XIXe siècle dans les campagnes, il ouvre des perspectives positives et les héroïnes, pourtant exploitées, ne sont pas présentées comme des victimes.
    C’est une sorte d’ode aux femmes , instructive et positive .

  3. J’ai aimé ce premier roman, qui aborde la vie des nourrices dans une époque et un village non nommés. Je me suis attachée au personnage de Sylvaine, forte, puissante mais aussi sensible et vulnérable. La construction du récit est plutôt réussie avec l’histoire de Gladie, mais aussi de la sorcière qui se développe peu à peu. J’ai particulièrement apprécié l’impression que ce premier roman m’a laissée : entre révolte face à la condition des femmes et merveilleux d’un conte plein de nature et de destin, supplément sororité et amour. Un roman particulier, qui sort des sentiers battus et qui me laisse de multiples émotions en tête.

  4. Marie-Séverine Dubreuil
    dit :

    Ce roman dégage beaucoup de poésie. Le livre imbrique plusieurs histoires de femmes, paysannes, employées de maison ou bien bourgeoise, permettant de comprendre ce qu’est être mère au XIXème siècle. Nous découvrons le commerce du lait maternel à cette époque. Les femmes sont sous la domination d’hommes jouant les intermédiaires entre elles et les famille bourgeoises de la ville qui ont besoin de leurs services.
    J’ai dévoré ce livre et le conseille à tout mon entourage.

  5. Chloé Cohen
    dit :

    J’ai beaucoup aimé ce roman très original qui raconte la vie des nourrices d’une autre époque et leurs difficultés au quotidien dans leur métier. On fait irrémédiablement la comparaison avec la maternité et les mères d’aujourd’hui. Chacun.e y trouvera quelque chose Un récit bien construit qui m’a vraiment tenue en haleine. Un choix original pour un premier romain.

  6. Isabelle Galland
    dit :

    Coup de cœur !
    C’est une très belle histoire, entre le conte fantastique et les récits historiques de mères exploitées pour leur lait. C’est un roman puissant, on partage la vie de ces femmes, pauvres mais fortes et décrites sans misérabilisme. On vit les clairs de lune et les tempêtes avec ces femmes, sœurs d’allaitement, qui entretiennent leur famille grâce à la vente de leur lait pour un prix dérisoire dans un monde d’hommes dominants.
    L’écriture est sensible et poétique. J’ai lu ce livre d’une traite sans pouvoir m’arrêter avant la fin.
    Auteur qui promet !

  7. J’ai beaucoup aimé ce roman qui évoque la condition des « nourrices » dans une époque indéterminée mais que l’on situerait plutôt au 19e siècle et dans des lieux également non précisés. C’est volontaire et cela rend le texte plus universel. La petite pointe de fantastique donne juste ce qu’il faut de merveilleux comme dans les contes, elle apporte de la poésie dans un monde de brutalité et de misère. Un très beau texte !

  8. Edith Séné
    dit :

    « A ses yeux, j’étais une vache à traire » (p 91)
    Les histoires emmêlées de femmes exploitées qui allaitaient pour les autres et de trafic de nouveaux-nés sont allégées par quelques poèmes très beaux. La description des éléments (‘orage) est terrible.
    Malgré la fin nébuleuse (j’ai dû relire les textes de la lettre), ce roman est un coup de coeur.

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