Quatre jours sans ma mère, Ramsès Kefi

Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s’en va. Pas de dispute, pas se cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. » Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane s’effondre. À trente-six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l’amour et gaspille ses nuits sur un parking avec son meilleur ami, Archie, et d’autres copains cabossés.
Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. Alors que Hédi réagit vivement, réaménage l’appartement, enlève son alliance, Salmane met tout en œuvre pour retrouver sa mère. Son enquête commence avec de maigres indices – une lettre, un chat tigré, une clé rouillée –, et remue un nombre incalculable de regrets. Il pressent que ce départ est lié à l’histoire de ses parents, orphelins émigrés de Tunisie. Il devine aussi que l’événement va tous les transformer, surtout lui, Salmane, qui voit enfin advenir son passage à l’âge adulte.

Quatre jours sans ma mère est publié aux éditions Philippe Rey

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  1. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, qui finalement s’est avéré profond et presque haletant. L’écriture avec un narrateur qui vit à la Caverne, cité tranquille et microcosme en soi, est réaliste et assez orale. Suivre Salmane et son père dans leur introspection a été intéressant : prises de conscience, introspections brutales mais nécessaires. Le dernier tiers du roman m’a embarqué, à la rencontre de cette mère disparue. L’exil, le déracinement et l’enracinement sont des thèmes bien traités. Ce n’est pas un coup de coeur mais un roman qui fut agréable et qui m’a nourri.

  2. Marie-Séverine Dubreuil
    dit :

    J’ai eu moi aussi du mal à entrer dans ce roman mais je n’ai absolument pas regretté de l’avoir lu jusqu’au bout !
    Il décrit à quel point la fugue d’une femme va bouleverser la vie de son mari et de son fils. Chacun va prendre des chemins radicalement différents pour affronter cette disparition. Le père fait table rase du passé avec elle tandis que le fils cherche autant sa mère que sa place dans une histoire familiale qu’on ne lui a jamais racontée voire qu’on lui a cachée. L’écriture est nerveuse, l’auteur utilise beaucoup l’ellipse, les non-dits. Ce livre est également une déclaration d’amour à la banlieue comme territoire d’appartenance.
    Une belle découverte !

  3. Cecile Gaubert
    dit :

    Avec une écriture moderne, l’auteur nous livre un roman sensible.
    Ce roman nous entraine à la découverte de la vie d’un jeune homme d’une cité de banlieue. Ce jeune homme est en fait un éternel adolescent qui subit le choc du départ de sa mère, ce qui l’oblige à prendre conscience de sa condition et grandir enfin.
    J’ai aimé ce livre pour son intrigue intéressante: la recherche de la mère, la découverte de lui-même et de ses racines.
    J’ai aussi apprécié l’humour présent au fil des pages.
    Un premier roman que je trouve réussi.

  4. Isabelle Galland
    dit :

    Salmane raconte la disparition mystérieuse de sa mère un soir ordinaire. Il découvre alors qu’elle lui manque, lui qui vit encore dans l’appartement de ses parents à 36 ans sans même l’idée de mettre fin à cette adolescence éternelle. Son père va perdre les pédales et un secret de famille va émerger qui va permettre à ce fils et à sa famille de se (re) construire enfin.
    Pour moi ce livre est un coup de cœur, une écriture vivante, sensible et toute en finesse qui nous emporte dans un quartier de banlieue qui porte bien son nom : la caverne. Les personnages sont attachants et on n’a pas envie de les quitter. Un auteur qui promet !

  5. Edith Séne
    dit :

    « Ta mère a fugué. Comment ça fugué ? Je ne sais pas… Elle est partie » (p10)
    Ramsès Kéfi est bien sympathique dans la vie comme son héros Salmane. J’ai bien accroché mais l’histoire traîne. J’aurais aimé une plus grande place à la recherche de la mère. Je souhaite à Ramsès Kéfi un fructueux avenir littéraire. C’est bien parti.

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