Ici tombent les filles, Stephene Gillieux

Dans un futur proche où le grand dérèglement contraint aux migrations, un père a choisi de fuir la ville pour emmener sa famille sur la Butte, le domaine de ses ancêtres isolé en montagne. Pilha, Dag et Mette, ses trois filles, y endurent une vie de servitude sous les ordres de leur mère. Il y a aussi Finn, le frère, né un jour de tempête, le seul pour lequel le père envisage un avenir.
Car viendra le temps où il faudra conduire chacune des filles en haut de la montagne. Ainsi en a décidé la malédiction qui pèse sur la lignée. Ainsi en a décidé le père. Il faudra sacrifier au rituel. Parce que ce qui coule entre les cuisses des filles ne permet pas le doute. Lorsque Pilha, l’aînée, est atteinte de la mystérieuse maladie du sang, elle est escortée jusqu’au Mont. Et Pilha ne revient pas.
Dag l’a compris, elle sera la prochaine. Alors, c’est décidé : son sang ne coulera pas. Dans la forêt dont elle a fait son royaume, la tension monte. Et de découvertes macabres en révélations, la jeune fille trouvera le courage de s’arracher à la funeste destinée familiale.

Ici tombent les filles est publié aux éditions Phébus

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  1. Marie-Séverine Dubreuil
    dit :

    Ce roman dérangeant est écrit un peu comme un conte mythologique. Il est basé sur la souffrance, la violence et la maltraitance d’un père sur ses enfants. Malgré la noirceur, on s’attache aux personnages. L’écriture rend palpable le silence, le froid, la faim au travers de phrases courtes et d’emploi d’adjectifs incisifs choisis avec soin.
    Roman réussi sur la forme mais le fond est trop cruel pour moi et ne restera pas comme un bon moment de lecture.

  2. Chloe Cohen
    dit :

    Mon coup de cœur à ce stade de mes lectures. un livre très original et passionnant, dérangeant, émouvant. L’écriture est très maîtrisée et la scénographie est très aboutie, donne l’impression d’être dans le film.
    Un conte dans un monde irréel, où il faut lutter contre des conditions météo extrêmes et qui aborde de manière très originale des thèmes d’actualité : la lutte contre les dérèglements climatiques.., et les evolutions hormonales… la violence familiale, la maltraitance, l’emprise des lignées et comment en sortir. Cela nous connecte de manière originale avec notre propre enfance et notre propre histoire familiale Je me suis vraiment attachée à ces filles en quête de liberté qui nous donnent une vraie leçon de courage. J’aimerais parfois comme elles me retrouver seule dans ma cabane en haut d’un arbre.

  3. J’ai lu ce livre d’une seule traite, malgré son côté sombre. L’intrigue est bien menée et j’ai été tenue en haleine par l’envie de comprendre ce qui attend les filles de cette famille, puis de savoir si et comment Dag s’en sortira. Les personnages sont complexes et attachants. J’ai bien aimé le personnage de Finn, sous l’emprise de son père mais dont l’emprise se craquelle malgré tout . J’ai aimé le personnage de l’institutrice, à l’intuition masquée par sa propre histoire.
    J’ai trouvé l’ensemble psychologiquement crédible (même s’il faut espérer que ce genre de cas soit exceptionnel) . Le décor constitué par les conséquences d’un désastre climatique à venir permet de se tenir suffisamment à distance des horreurs racontées pour que cela reste supportable en donnant à l’ensemble la tonalité d’un conte. Quant au style, il est agréable, soutenu et classique.
    Un beau moment de lecture !

  4. Edith Séné
    dit :

    « Comme ses ancêtres … il a obéi à la sorcière en sacrifiant les filles » (p 196)
    Malédiction, séisme, tempêtes, isolement de la famille : on est dans un monde d’après.
    Le père et la mère sont horriblement cruels. Une fille accepte, l’autre pas.
    J’ai aimé l’écriture brutale, mais aussi l’évocation de toutes ces plantes.
    Tout se termine bien, on peut respirer !
    « A tous les enfants qui survivent à leur famille » (p 255)
    Bon roman, haletant.

  5. Un roman haletant, dérangeant et dur mais pourtant dans lequel j’ai été emportée. L’écriture est juste, imagée, assez cinématographique. On suit l’histoire de Dag et de Finn, de l’institutrice, les personnages sont bien décrits et leurs dilemmes, leur force morale, l’évasion vers la nature et un monde imaginaire sont bien amenés. Entre roman dystopique et conte médiéval, ce premier roman est dur dans ce qu’il dépeint et m’a tenu en haleine. Il aborde la misogynie, la domination des hommes sur les femmes, boucs émissaires toutes désignées mais aussi la force des femmes, à travers le personnage de Dag et son lien à la nature qui l’aide à survivre. Une lecture marquante, possiblement dans mes coups de coeur de l’édition 2026.

  6. Cecile Gaubert
    dit :

    Ce roman, bouleversant et original, nous plonge au cœur d’une sombre folie familiale. Il tisse des liens entre les changements climatiques, les catastrophes naturelles et une croyance ancestrale : la malédiction de la sorcière.
    La violence psychologique et physique, présente à chaque page, est intense, mais l’espoir subsiste à travers la résistance de Dag et Finn.
    Grâce à une écriture simple et directe, l’autrice décrit avec précision l’environnement de la Butte, capturant des détails sensoriels tels que les odeurs, que l’on pourrait presque sentir. Ce roman est une pépite.

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